Bruit au travail : le bureau d’études Espace 9 se penche sur les chambres froides

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Pour évaluer l’exposition au bruit au travail, une étude précise réalisée par un bureau d’études peut fournir des informations utiles lors de la définition des priorités d’actions pour réduire le bruit.

Le bureau d’études Espace 9 a réalisé une campagne de mesures acoustiques – associant dosimétrie et cartographie – afin de déterminer le niveau d’exposition au bruit des travailleurs dans un entrepôt frigorifique d’une enseigne de la grande distribution. L’étude a révélé la nécessité du port de protections individuelles contre le bruit et une faiblesse acoustique au niveau de la gaine de ventilation du groupe froid.

L’étude acoustique a porté sur deux postes de travail : un cariste et un préparateur de commande, qui tous deux évoluent pour l’essentiel de leur temps de travail à l’intérieur d’une chambre froide. Des mesures au dosimètre ont été réalisées pendant une journée entière de travail (dosimètre de classe 2, porté à l’épaule afin que le micro soit proche de l’oreille du travailleur). Ces relevés ont permis de déterminer d’une part, l’exposition moyenne quotidienne (sur 8 heures, notée LEX,8h) et, d’autre part, l’exposition instantanée aux bruits très courts (niveau crête, noté LpC). Il s’agit là des deux indicateurs acoustiques pris en compte dans la réglementation sur le bruit au travail. Un codage a été réalisé ultérieurement afin de filtrer les bruits parasites (parole, etc.) et les temps de pause des travailleurs. Les dosimètres sont dotés d’un capteur de mouvements, si bien que la situation où un dosimètre serait posé durablement, sans être porté par le travailleur, est facilement identifiable.

En parallèle, une cartographie acoustique de la chambre froide a été établie afin d’identifier les zones à risque et de disposer de données d’interprétation dans l’éventualité où les mesures de dosimétrie révéleraient des dépassements des valeurs limites réglementaires. Cette cartographie a été réalisée au moyen d’un maillage fin de mesures acoustiques réalisées à l’aide d’un sonomètre de classe 1.

A noter que ces mesures ont été conduites dans le respect de la norme NF EN ISO 9612:2009 (Acoustique – Détermination de l’exposition au bruit en milieu de travail – Méthode d’expertise).

Bruit au travail : rappel des valeurs réglementaires

La prévention des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs exposés au bruit est réglementée par les articles R. 4431-1 à R. 4437-4 du Code du travail. Cette législation prévoit trois types de valeurs d’exposition qui sont résumées dans le tableau ci-dessous :

Valeurs d’exposition Niveau d’exposition quotidienne au bruit Niveau de pression acoustique de crête Conséquences si dépassement
Valeurs limites d’exposition 87 dBA 140 dBA Ne doivent pas être dépassées
Valeurs d’exposition supérieures déclenchant l’action 85 dBA 137 dBC – Plan d’action visant à réduire le bruit – Signaler le danger – Contrôle du port des EPI – Examen périodique
Valeurs d’exposition inférieures déclenchant l’action 80 dBA 135 dBC – Mise à disposition des EPI – Information et formation des travailleurs – Examen périodique
Nota : Les valeurs limites d’exposition tiennent compte de l’atténuation éventuelle des EPI.

Exposition au bruit en milieu de travail : résultats et conclusions de l’étude acoustique

Les résultats des mesures de dosimétrie indiquent que les deux postes étudiés sont exposés à des niveaux de bruit proches ou supérieurs à la valeur inférieure déclenchant l’action. Le poste de cariste est également exposé à des bruits impulsionnels dépassant la valeur limite supérieure déclenchant l’action. La cartographie montre que le bruit varie entre 69 dB(A) à proximité des rayonnages et 83 d(A) à proximité des groupes froid.

Le niveau de bruit moyen généré par une chambre froide varie généralement entre 34 et 75 dB. Les facteurs influants sont le volume de l’espace de stockage réfrigéré, la puissance du compresseur frigorifique et la quantité d’air brassé par le ventilateur. Le pic à 83 dB(A), anormalement élevé, provient vraisemblablement d’un point faible au niveau de la gaine de ventilation. L’étude conclut à la nécessité de mener de plus amples analyses afin d’en déterminer la cause exacte. La recommandation de l’étude est le port de protections individuelles contre le bruit (PICB) de SNR 20 dB pour les travailleurs.

On le voit, en faisant appel à un bureau d’études, cette enseigne de grande distribution a pu rapidement identifier les mesures à prendre pour protéger ses salariés et ainsi se mettre en conformité avec le réglementation sur le bruit au travail (voir à ce sujet notre article : Réduire le bruit au travail : le rôle de l’ingénieur acousticien).